A zouara minuit moins trois blog auteur
Observations

A Zouara.

Ils fuyaient la géhenne, c’est sur du sable chaud qu’ils trouveront le repos.

La mer ne veut plus être un tombeau. La mer, notre mère à tous. Comment être le berceau de l’humanité et supporter le poids d’accusation d’infanticide ?

Elle se devait d’offrir à ses naufragés un visage pour qu’ils ne soient pas qu’un chiffre, une statistique. Bienveillante, elle a bercé ses enfants une dernière fois jusqu’à la plage. Pour que nous, les chanceux de l’autre rivage,  nous ne puissions pas aussi facilement fermer les yeux. Pourtant, cela ne sera qu’un fait divers, un grain de sable dans notre humanité. Vingt secondes pas plus sur nos écrans. Désagréable mais vite oublié.

La lune s’était-elle effacée pour rendre à la nuit toute son obscurité et déjà permettre un premier deuil ou au contraire, en hommage, a-t-elle veillé les derniers moments de ces naufragés ? Est-ce avec de l’espérance dissoute dans les flots que se fabrique les étoiles ? Ce soir, à Zouara, le ciel en sera tapissé.

A la merci de requins qui n’appartiennent pas au milieu marin, pour une existence qu’ils espéraient seulement plus douce, ils sont là échoués sur la plage, parmi les algues. Il n’y avait même pas de nocher des enfers sur leur embarcation de misère surchargée par l’appât du gain de ces marchands de rêves et d’or noir. Ça ne pèse pas lourd quand on a le ventre vide et pour seul baguage l’espoir.

Ce soir j’ai le goût du sel, celui du sang, celui de la honte.
Si nous avions le courage de tout quitter, de tout risquer, nous pourrions tous être des naufragés.

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